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Ouaga / Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo : étudiants le jour, vigiles la nuit

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Confrontés à une situation socioéconomique difficile, des étudiants burkinabè allient études et métier de vigile pour joindre les deux bouts. Sidwaya en a fait le constat avec des pensionnaires de l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo. Edifiant !

Etudiant en Master I de Philosophie à l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo, Oumarou Ouédraogo, exerce le métier de vigile, depuis janvier 2015. Juché sur sa moto à réviser ses cours, dans la perspective d’une évaluation, il est « heureux » de nous recevoir, afin d’aborder les conditions de vie et d’études des étudiants burkinabè. Il n’hésite pas à évoquer ses motivations réelles à jongler entre le campus et l’emploi de gardien. « Nous sommes dans un système où non seulement le chevauchement des années académiques dans nos universités est récurrent, mais aussi où les conditions de vie des étudiants sont précaires. De ce fait, je suis obligé d’exercer cette activité, afin de joindre les deux bouts », explique-t-il. Cet étudiant de 26 ans justifie le choix du métier de vigile par son accès facile. Il est possible, renchérit-il, de poursuivre les études tout en faisant du gardiennage. En réalité, certains étudiants sont obligés de « survivre » à la sueur de leur front, car, issus de familles financièrement modestes. Ces pensionnaires trouvent que les bourses, aides ou prêts accordés par le Fonds national pour l’éducation et la recherche (FONER) sont non seulement insignifiants par rapport à l’immensité de leurs besoins, mais aussi irréguliers. Etudiant de 1re année de géographie à l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo, Joachim Zinsoni, est vigile depuis janvier 2018, au domicile d’un particulier. « J’exerce ce métier par manque de soutien dans mes études. Je suis parfois traité d’impoli ou de paresseux lorsque je demande du soutien financier à mes parents. Je me suis engagé dans ce métier le jour qu’un oncle m’a mal parlé, alors que j’étais allé lui rendre visite», déplore-t-il. D’autres étudiants comme lui, prétextent aussi le désir d’autonomie et d’indépendance vis-à-vis des parents.

La volonté de bien faire

«L’arrivée à l’Université représente pour moi une période de transition et de responsabilité. A mon âge, je me sens mal à l’aise de demander de l’argent à mes parents. Je suis suffisamment mature et capable de travailler pour me prendre en charge. Je dois maintenant me battre pour être financièrement indépendant», insiste l’étudiant de 1re année en histoire et archéologie à l’Université Ouaga I Pr Joseph-Ki-Zerbo, Karim Samba. Il assure les fonctions de vigile depuis août 2017, dans une structure de la place. A travers cette activité parallèle, nombre d’étudiants arrivent à tirer leur épingle du jeu. Sans ambages, Oumarou Ouédraogo nous dévoile des projets réalisés grâce à ce métier. « Grâce au gardiennage, je me suis procuré un moyen de déplacement d’une valeur de 800 000 francs CFA. Je suis en train d’épargner les frais de laboratoire pour le Master II qui coûtent 300 000 francs CFA», se réjouit-t-il. Le métier de vigile, ajoute-t-il, haut et fort, lui a permis de tenir et d’obtenir sa licence en philosophie. Quant à Joachim Zinsoni, il indique avoir créé une ferme porcine et une agence de transfert d’argent. « Je compte devenir un éleveur. Je ferai des économies pour me former à l’Ecole nationale de l’élevage et de la santé animale (ENESA) », ambitionne-t-il. Les étudiantes-vigiles ne sont pas en reste. Elles arrivent aussi à tirer leur épingle du jeu. C’est le moins que l’on puisse dire de cette étudiante de 3e année en Sciences de la vie et de la terre (SVT), qui a requis l’anonymat. Dans le métier depuis 2014, elle s’accroche comme elle peut. Selon ses dires, elle a pu s’acheter un terrain non-loti d’une valeur de 450 000 francs CFA dans un quartier de Ouagadougou et y a bâti une maisonnette en dur de dix tôles. « L’université de Ouaga I est un autre monde où chacun doit se battre pour s’en sortir. Je pense que ce métier n’est pas dédié seulement aux hommes. N’importe quel métier peut être exercé par une femme pourvu qu’elle ait la volonté et la détermination. Néanmoins, c’est un métier à risque pour les femmes, en ce sens qu’elles peuvent être victimes de viol. C’est pourquoi, elles sont généralement engagées pour la journée», dit-elle. Bien qu’études et gardiennage ne semblent « pas aller de pair », les étudiants concernés trouvent le juste milieu. Ils arrivent à concilier le métier avec les études, en établissant un emploi du temps privilégiant le travail de nuit. Toute chose qui leur permet de jongler entre l’Université Ouaga I et leurs lieux de travail. « C’est difficile, mais tout réside dans la volonté et la détermination. Un étudiant n’est pas obligé d’être tout temps dans les amphis pour valider ses sessions annuelles. La preuve est que je n’ai pas encore de crédits dans mes sessions », raconte Oumarou Ouédraogo. Toutefois, certains étudiants sont obligés de sacrifier par moment leurs études. Inscrit en 2e année de Biologie à l’Université Ouaga I, Benoît Sawadogo, fut vigile de mai 2013 à mai 2014. Il a déjà raté des sessions (S1 et S2) à cause du vol d’un ordinateur portable à son lieu de service. « Avec la fatigue, je me suis endormi vers 2 heures du matin. Le lendemain,
les techniciennes de surface m’ont fait cas du vol d’un ordinateur portable.
Ainsi, j’ai été auditionné par les juges du Tribunal de grande instance (TGI)
de Ouagadougou », rapporte-t-il.

« Mon séjour à la MACO… »

Un procès a été ensuite intenté contre lui, mais il a été relaxé, faute d’éléments à charge. Pour la circonstance, dit-il, le procureur l’a suggéré de changer d’activité parallèle, en ce sens que le métier de vigile l’empêche de dormir et de bosser. « Ce problème a été un coup dur pour mes études, parce que je n’arrive plus à m’en sortir. Si je me concentrais sur mes études, je n’allais pas avoir de problème de sessions. Malgré mon acquittement, mon séjour de trois semaines à la MACO a tout bouleversé dans mes études», regrette-t-il, les larmes aux yeux. De ce fait, il invite les étudiants-vigiles à abandonner le métier, parce qu’il exige plus de temps de repos pendant la journée. Pour lui, le métier de vigile « traumatise » par manque de sommeil. Depuis lors, M. Sawadogo s’est converti en répétiteur de cours à domicile, en attendant de décrocher un concours de la Fonction publique. Certes, le métier permet aux étudiants de subvenir à leurs besoins, en dépit des risques y afférents, mais il est très mal perçu dans le milieu estudiantin. Sur ce point, les avis sont partagés. A écouter certains étudiants, ils sont obligés de se « cacher » pour exercer le métier. « Mes camarades trouvent que le métier de vigile est une activité sans niveau et sans diplôme. Ce dénigrement fait que je porte rarement ma tenue de travail, de peur d’être humilié ou ridiculisé. Etre étudiant et vigile, c’est déplorable. Mais, nous n’avons pas le choix », mentionne l’étudiant Kossi Sia, avec un visage crispé. Par contre, d’autres étudiants l’exercent sans gêne pour atteindre leur but. Oumarou Ouédraogo est de ceux-là. « C’est une activité provisoire. Je l’exerce avec fierté, parce qu’elle me permet de financer mes études, peu importe ce que les autres diront», déclare-t-il. Même s’ils comprennent la situation de précarité dans laquelle se trouvent leurs camarades, certains étudiants estiment qu’ils doivent accorder la priorité à leurs études, afin d’obtenir leurs diplômes et de décrocher un emploi décent, plutôt que de se contenter des « miettes ». C’est le cas de l’étudiant en 1re année en électrotechnique à l’Institut supérieur de technologie (IST), Abdoulaye Traoré, qui invite ses camarades à ne pas se consacrer entièrement à cette activité « sans avenir ».

Des salaires de misère

«Ce métier ne doit en aucun cas empiéter sur l’assiduité aux cours et la réussite aux sessions », ajoute-t-il. Les étudiants-vigiles disent être mal payés et parfois déployés sur des sites dangereux, sans une bonne formation et quelquefois sans armes de protection. Aux dires de certains d’entre eux, les salaires varient entre 35 000 et 50 000 francs CFA par mois, alors que les sociétés de gardiennage empochent des sommes « faramineuses ». En plus de ces « salaires de misère », certains étudiants confient être parfois victimes de coupures pour absence, retards ou somnolence, pour des montants variant entre 2 000 et 10 000 francs CFA. Mais le plus à plaindre pour les étudiants-vigiles, c’est l’état actuel d’insécurité, qui souhaitent par ailleurs une amélioration des conditions de vie et d’études sur le campus. Ils espèrent, entre autres, des autorités politiques et universitaires, l’augmentation du FONER, la revue du système Licence-master-doctorat (LMD) et la création des activités parallèles propres aux élèves et étudiants. Pour s’imprégner davantage des conditions de travail des étudiants-vigiles, nous avons tenté en vain de rencontrer certains responsables de services de sécurité. Nos multiples sollicitations sont restées sans suite.

Emil SEGDA

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France / Le « triple défi » des bacheliers africains invités à venir étudier en France

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Tous les ans, 150 lycéens étrangers, sélectionnés pour leurs brillants résultats, bénéficient d’une bourse de cinq ans. En 2018, une quarantaine provient du continent.

Chaque soir en rentrant de l’université, Jessica Cupesalla prend la même résolution. Le lendemain, elle se le promet, elle fera le premier pas vers des étudiantes de sa licence de sciences. Mais le jour suivant, la jeune Angolaise ne force pas plus sa nature que la veille et file de l’Université Pierre-et-Marie Curie (UPMC) dès la fin des cours.

Comme les quarante autres Africains du programme Excellence-Major de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), Jessica cherche ses marques sur un continent inconnu, à 10 000 km de chez elle. Celle qui se bat contre le froid d’automne à coups de pull-overs se doute un peu que des amitiés nouvelles réchaufferaient plus sa vie que ce vêtement encore tellement exotique pour elle il y a quelques semaines. Mais le temps fera son œuvre, estime la jeune étudiante.

Choc d’acclimatation

D’autant que ce blues d’accoutumance est pondéré par l’excitation de sa vie nouvelle. Samedi 22 septembre, au milieu d’une partie des autres jeunes étrangers choisis comme elle par la France, et réunis pour la rentrée, Jessica se rassure. Elle n’est pas la seule à ressentir le petit pincement du déracinement dans les couloirs de sa faculté ou du métro. « Débarquer un baccalauréat en poche dans un pays étranger, sans sa famille, pour débuter des études supérieures, est un triple défi », reconnaît la proviseure d’Henri-IV, Martine Breyton, qui a elle-même sélectionné une partie de ces titulaires d’un bac français mention « bien » ou « très bien », passé aux antipodes.« Un choc psychologique », lui répond comme en écho Mohamed Benhaddou Andaloussi, entré il y a deux semaines en classes préparatoires dans ce prestigieux lycée. Lui n’a pas à affronter l’anonymat des amphis, comme Jessica, mais doit se hisser aux standards d’exigence d’un des meilleurs lycées de France. « Un autre défi ! », observe, philosophe, le Marocain de Casablanca.

Source : Lemonde

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France / Étudiants étrangers en France : « Ouvrons le débat »

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TRIBUNE. Alors qu’elle voulait metttre en exergue l’attractivité de son enseignement supérieur, la France entend étonnamment augmenter les frais d’inscription pour les étudiants étrangers, dont 45 % sont africains.
PAR YANNICK W.J NAMBO* ET JULIE DÉNÈS**

Si le rapport 2018 de Campus France affiche fièrement et s’évertue par là même à classer la France premier pays d’accueil non anglophone, elle est et demeure depuis des décennies le premier pays d’accueil des étudiants africains principalement d’Afrique francophone. En effet, près de 45 % des étudiants internationaux sur le territoire français proviennent d’Afrique, les Marocains en tête avec 38 002 étudiants (11,7 %), talonnés par les Algériens (8,1 %), selon les derniers chiffres publiés en France. Les chiffres mondiaux ne cessent de croître et chaque pays a saisi les enjeux de cette mobilité entrants-sortants et déploie des programmes plus ou moins performants afin d’attirer les talents.

« Un risque de décrochage » réel

La France, cependant, ne profite pas de ce phénomène, malgré l’apparente renommée de ses prestigieuses écoles. Sa progression en termes d’accueil augmentant 2,5 fois moins vite que les autres pays, quand la Turquie, pour ne citer que cet exemple, observe en 2017 une augmentation de 178 % du nombre d’étudiants qui entrent sur son territoire. Un recul des universités et des écoles françaises qui a été mis en exergue par l’édition 2019 du QS World University Rankings, un classement multicritère publié par le cabinet spécialisé Quacquarelli Symonds (QS). Sont ainsi mis en avant la détérioration de la perception des diplômés par les employeurs, le taux d’encadrement (nombre d’étudiants par enseignant-chercheur) reflétant le manque de moyens face à la hausse des effectifs et une recherche menée dans les universités et les grandes écoles françaises jugée « moins percutante ».

En perte de vitesse, la France devrait pourtant porter une attention particulière à son attractivité, cette mobilité étant stratégique à plusieurs égards : rayonnement de sa culture, de sa langue et de son savoir-faire, transferts de compétences, diplomatie, politique d’influence ou « soft power », dynamisme de l’espace économique francophone. C’est aussi un enjeu diplomatique et économique majeur. En 2014, une enquête BVA pour Campus France évaluait à 1,65 milliard d’euros le bénéfice économique des étudiants internationaux en France, soit 3 milliards de dépenses publiques, contre 4,65 milliards d’apport économique des étudiants. Une manne financière non négligeable.

« Cette décision semble se baser sur un archaïsme diplomatique »

Au lieu d’effectuer cette prise de conscience, de mettre en place un véritable moratoire sur le sujet et d’y associer tous les acteurs dont les principaux concernés, le Premier ministre Édouard Philippe annonce une campagne de communication destinée aux pays non francophones et une hausse exorbitante des frais d’inscription pour les étudiants non ressortissants de l’Union européenne, touchant de plein fouet les étudiants les plus défavorisés et en remettant d’ailleurs en cause en un tweet méprisant leur motivation première, leur désir de France, leur volonté de participer au développement de leur pays et leur rêve. Au lieu des 170 euros actuels, 2 770 euros pour une licence correspondent respectivement en francs CFA à 111 132 et à 1 810 800. Des sommes faramineuses en plus des frais liés à la mobilité.

Que savent-ils de ces familles qui se saignent pour payer le voyage, le visa, le logement, et démontrer la solvabilité de leur enfant et misent sur lui et la France pour espérer un avenir meilleur, un changement dans leur existence, un renouveau dans leur pays ? Que savent-ils de leur parcours déjà difficile pour venir poursuivre leur cursus dans le pays des droits de l’homme ?

Pourtant, à Ouagadougou, le président de la République Emmanuel Macron faisait le pari de la jeunesse francophone africaine. À quoi sert donc le Conseil présidentiel pour l’Afrique si, au-delà de son silence assourdissant sur toutes les dérives en termes d’État de droit et de démocratie sur le continent africain, ce dernier est incapable d’éclairer l’Élysée sur une telle aberration ? Le start-upping à outrance et l’élitisme ne peuvent être la réponse à toutes les problématiques, il s’agit même d’un leurre qui risque d’hypothéquer l’avenir d’une partie de cette jeunesse, trompée par cette illusion.

Cette décision semble se baser sur un archaïsme diplomatique qui n’intègre pas la nécessité de revoir les rapports avec l’Afrique en matière de diplomatie économique. Puisqu’il s’agirait de faire preuve d’innovation diplomatique, de vision à long terme, en liant cette question aux mutations nécessaires (et demandées par les jeunesses africaines) pour les pays africains, à savoir, l’État de droit, la démocratisation, le respect des droits humains, et donc le terreau fertile qui permettrait aux pays d’origine de ces étudiants de miser davantage sur l’éducation, l’excellence académique et le retour des talents.

Cette décision ne répond à aucune logique, ni budgétaire, ni diplomatique, ni scientifique. Cette décision est une balle tirée à bout portant dans le dos de la francophonie, de sa jeunesse et de son avenir. Nous en demandons le retrait immédiat et l’ouverture d’un débat global sur les questions liées à la mobilité et l’accompagnement des étudiants internationaux.

* Auteur et consultant, cofondateur de l’ONG DIPLO21.

** Julie Dénès, auteure, juriste, cofondatrice de l’ONG « DIPLO21 », Fondatrice « Les Berceaux de la Francophonie »

Source: Le point Afrique

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France / Les étudiants africains, laissés-pour-compte de la nouvelle stratégie universitaire française

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Le gouvernement veut augmenter les frais d’inscription pour les étrangers et attirer davantage d’élèves issus des pays émergents non africains.

Place aux étudiants choisis… Baptisé « Stratégie d’attractivité pour les étudiants internationaux », le plan qu’a dévoilé le premier ministre français, Edouard Philippe, dans le cadre des Rencontres universitaires de la francophonie, lundi 19 novembre, vise à augmenter le nombre d’étudiants étrangers en France… ou plutôt de certains étudiants.

Quatrième pays d’accueil avec plus de 324 000 étudiants étrangers (dont 245 000 préparent un diplôme), la France serait en « risque de décrochage » dans la bataille des cerveaux qui se joue beaucoup sur la séduction des meilleurs étudiants. Raison pour laquelle il fallait lancer une campagne de sensibilisation aux charmes de l’Hexagone, baptisée « Choose France ». C’est la première campagne de ce genre sous Emmanuel Macron, mais la guerre des talents, elle, est récurrente depuis une vingtaine d’années.

 

Source: Le monde

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