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France / Étudiants étrangers en France : « Ouvrons le débat »

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TRIBUNE. Alors qu’elle voulait metttre en exergue l’attractivité de son enseignement supérieur, la France entend étonnamment augmenter les frais d’inscription pour les étudiants étrangers, dont 45 % sont africains.
PAR YANNICK W.J NAMBO* ET JULIE DÉNÈS**

Si le rapport 2018 de Campus France affiche fièrement et s’évertue par là même à classer la France premier pays d’accueil non anglophone, elle est et demeure depuis des décennies le premier pays d’accueil des étudiants africains principalement d’Afrique francophone. En effet, près de 45 % des étudiants internationaux sur le territoire français proviennent d’Afrique, les Marocains en tête avec 38 002 étudiants (11,7 %), talonnés par les Algériens (8,1 %), selon les derniers chiffres publiés en France. Les chiffres mondiaux ne cessent de croître et chaque pays a saisi les enjeux de cette mobilité entrants-sortants et déploie des programmes plus ou moins performants afin d’attirer les talents.

« Un risque de décrochage » réel

La France, cependant, ne profite pas de ce phénomène, malgré l’apparente renommée de ses prestigieuses écoles. Sa progression en termes d’accueil augmentant 2,5 fois moins vite que les autres pays, quand la Turquie, pour ne citer que cet exemple, observe en 2017 une augmentation de 178 % du nombre d’étudiants qui entrent sur son territoire. Un recul des universités et des écoles françaises qui a été mis en exergue par l’édition 2019 du QS World University Rankings, un classement multicritère publié par le cabinet spécialisé Quacquarelli Symonds (QS). Sont ainsi mis en avant la détérioration de la perception des diplômés par les employeurs, le taux d’encadrement (nombre d’étudiants par enseignant-chercheur) reflétant le manque de moyens face à la hausse des effectifs et une recherche menée dans les universités et les grandes écoles françaises jugée « moins percutante ».

En perte de vitesse, la France devrait pourtant porter une attention particulière à son attractivité, cette mobilité étant stratégique à plusieurs égards : rayonnement de sa culture, de sa langue et de son savoir-faire, transferts de compétences, diplomatie, politique d’influence ou « soft power », dynamisme de l’espace économique francophone. C’est aussi un enjeu diplomatique et économique majeur. En 2014, une enquête BVA pour Campus France évaluait à 1,65 milliard d’euros le bénéfice économique des étudiants internationaux en France, soit 3 milliards de dépenses publiques, contre 4,65 milliards d’apport économique des étudiants. Une manne financière non négligeable.

« Cette décision semble se baser sur un archaïsme diplomatique »

Au lieu d’effectuer cette prise de conscience, de mettre en place un véritable moratoire sur le sujet et d’y associer tous les acteurs dont les principaux concernés, le Premier ministre Édouard Philippe annonce une campagne de communication destinée aux pays non francophones et une hausse exorbitante des frais d’inscription pour les étudiants non ressortissants de l’Union européenne, touchant de plein fouet les étudiants les plus défavorisés et en remettant d’ailleurs en cause en un tweet méprisant leur motivation première, leur désir de France, leur volonté de participer au développement de leur pays et leur rêve. Au lieu des 170 euros actuels, 2 770 euros pour une licence correspondent respectivement en francs CFA à 111 132 et à 1 810 800. Des sommes faramineuses en plus des frais liés à la mobilité.

Que savent-ils de ces familles qui se saignent pour payer le voyage, le visa, le logement, et démontrer la solvabilité de leur enfant et misent sur lui et la France pour espérer un avenir meilleur, un changement dans leur existence, un renouveau dans leur pays ? Que savent-ils de leur parcours déjà difficile pour venir poursuivre leur cursus dans le pays des droits de l’homme ?

Pourtant, à Ouagadougou, le président de la République Emmanuel Macron faisait le pari de la jeunesse francophone africaine. À quoi sert donc le Conseil présidentiel pour l’Afrique si, au-delà de son silence assourdissant sur toutes les dérives en termes d’État de droit et de démocratie sur le continent africain, ce dernier est incapable d’éclairer l’Élysée sur une telle aberration ? Le start-upping à outrance et l’élitisme ne peuvent être la réponse à toutes les problématiques, il s’agit même d’un leurre qui risque d’hypothéquer l’avenir d’une partie de cette jeunesse, trompée par cette illusion.

Cette décision semble se baser sur un archaïsme diplomatique qui n’intègre pas la nécessité de revoir les rapports avec l’Afrique en matière de diplomatie économique. Puisqu’il s’agirait de faire preuve d’innovation diplomatique, de vision à long terme, en liant cette question aux mutations nécessaires (et demandées par les jeunesses africaines) pour les pays africains, à savoir, l’État de droit, la démocratisation, le respect des droits humains, et donc le terreau fertile qui permettrait aux pays d’origine de ces étudiants de miser davantage sur l’éducation, l’excellence académique et le retour des talents.

Cette décision ne répond à aucune logique, ni budgétaire, ni diplomatique, ni scientifique. Cette décision est une balle tirée à bout portant dans le dos de la francophonie, de sa jeunesse et de son avenir. Nous en demandons le retrait immédiat et l’ouverture d’un débat global sur les questions liées à la mobilité et l’accompagnement des étudiants internationaux.

* Auteur et consultant, cofondateur de l’ONG DIPLO21.

** Julie Dénès, auteure, juriste, cofondatrice de l’ONG « DIPLO21 », Fondatrice « Les Berceaux de la Francophonie »

Source: Le point Afrique

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Bac 2019 / un lycéen se fait accompagner aux épreuves du bac par des policiers

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Loïc, 18 ans, en bac pro, était à deux doigts de rater son épreuve d’histoire, ce lundi. Il a enchaîné les mésaventures, ratant son bus puis perdant le contrôle de la voiture de son père.

Vous êtes prêt à tout pour ne pas rater une seule épreuve du bac, au point de programmer deux réveils le matin des examens, de préparer vos habits pour le jour J à l’avance et de prévoir un plan B à votre trajet habituel au cas où votre ligne de bus serait momentanément perturbée? Rassurez-vous, vous n’êtes pas le seul. Un lycéen tarnais a bien failli rater une épreuve du bac, ce lundi mais a tenu bon. Après maintes péripéties, il est parvenu à passer son examen d’histoire, à 13h30. La police nationale du Tarn retrace cette aventure sur son compte Facebook.

SOURCE: (etudiant.lefigaro.fr)

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Cooperation Internationale / La Ministre Kandia Camara Distinguée Par Harvard.

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Abidjan-Port-Bouet, le jeudi 13 juin 2019-Invitée spéciale de l’Université Harvard (Harvard University), à l’occasion du « Forum Annuel du Leadership Ministériel des Ministres de l’Education et de la Santé » aux Etats-Unis, du 03 au 06 juin 2019, en qualité de « Coach-Formateur », la Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle(MENETFP), Madame Kandia CAMARA, est rentrée cet après-midi des Etats-Unis.

Elle a été accueillie à sa descente d’avion par une forte délégation des membres de son Cabinet ministériel et des Directeurs Centraux du MENETFP conduite le Directeur de Cabinet, Monsieur KABRAN Assoumou.

La Ministre a fait d’un bref point de sa mission à ses collaborateurs, et s’est dite honorée de cette invitation de cette prestigieuse université, un honneur fait à la Côte d’Ivoire et au Président de la République, SEM Alassane OUATTARA et sa gouvernance.

« C’est la première fois qu’un Ministre en exercice d’un pays participe en qualité de « Coach-formateur » à ce forum international et est distingué par l’Institution hôte et ses Pairs », a précisé la Ministre Kandia.

Rappelons que la Ministre Kandia CAMARA a été au cours de ce forum, ‘’Coach et Mentor’’ des autres Ministres l’Education et de la Santé participants. En outre, elle et son équipe technique ont été choisis comme meilleure équipe ayant fait le plus de progrès notable dans le processus de suivi du post-Harvard 2018.Ce qui leur a valu d’être distinguée par une médaille d’honneurs.

Médaille d’honneurs que la Ministre a dédié au Président de la République, à qui elle réserve l’exclusivité de l’avoir.

SOURCE: (SCDA/MENETFP)

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Les chiffres clés du bac: le record du plus jeune candidat de l’histoire battu

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Le baccalauréat est un évènement d’envergure qui nécessite une organisation titanesque. Découvrez les chiffres clés de l’édition 2019.

À seulement quatre jours du début des épreuves du baccalauréat, certains candidats terminent de relire leurs fiches tandis que d’autres entament des révisions de dernière minute. C’est aussi le moment de faire le point sur les efforts déployés pour organiser le baccalauréat, un événement d’envergure dans toute la France, mais aussi à l’étranger.

» LIRE AUSSI – Retrouvez tous les résultats du bac

743 594 candidats, de 11 à 77 ans

Cette année, 743 594 candidats se présentent donc pour les épreuves du baccalauréat. Ce chiffre est en baisse de 1,27 % par rapport à 2018, qui concernait la génération du baby-boom de l’an 2000. Parmi eux, on compte 20 474 candidats libres, soit 2,74 % des inscrits. Plus de la moitié des candidats (53,5 %) présentent le bac général. Le plus jeune candidat âgé de 11 ans et 7 mois: il est en terminale S dans l’académie de Versailles. Selon BFMTV, il bat le record du plus jeune candidat de l’histoire, établit l’an dernier. La candidate avait 11 ans et dix mois. Cette année, le candidat le plus âgé a 77 ans et se trouve dans l’académie de Dijon.

Pour le bac général, 15 % des inscrits sont en série littéraire (L), 34 % en économique et social (ES) et 51 % en scientifique (S). Pour le bac technologique, la série sciences et technologies du management de la gestion (STMG) représente 50,9 % des candidats, devant sciences et technologies de l’industrie et du développement durable (STI2D, 23 %), sciences et technologies de la santé et du social (ST2S, 15,9 %) et sciences et technologies de laboratoire (STL, 6 %).

SOURCE: (etudiant.lefigaro.fr)

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