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Campus de Cocody et d’Abobo Adjamé : Dans l’univers des « kosovars « .

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Campus de Cocody, il est environ 20 heures. Le mois de juillet fouette rudement de son vent glacial. Bagnon, 21 ans, bachelier arrivé de Saïoua, en première année de physique chimie (Pc1), présente ce qu’il appelle pudiquement, « ma chambre ». C’est un placard emmuré dans un couloir, au premier étage d’un bâtiment de sa faculté.

Initialement aménagés pour les besoins des enseignants, une vingtaine de placards ainsi emmurés de part et d’autre du couloir tient lieu de tableaux aux étudiants. Surnommé « le grattoir », l’espace fait également office de salle d’étude. Chacun, munie de craie, « gratte » à volonté, de jour comme de nuit. Michel et Fabrice, les compagnons de Bagnon s’enthousiasment également à montrer leurs « chambres » dans ce « grattoir ». Plutôt que des piaules, ce sont des semblants de meubles pour caser leurs effets personnels. Pour Michel, c’est une coque de frigo. Et pour Fabrice, la carcasse d’un appareil de climatisation. Bienvenus dans l’univers des Kosovars !

Sur un banc ou un carton, au balcon d’un palier ou dans une salle, on passe la nuit, protégé d’un blouson, un pullover ou un manteau.

A l’amphi 6 de la faculté de médecine de Cocody, les sacs à dos et autres effets personnels de kosovars entreposés à l’angle de l’enceinte, font partie du décor.

Les kosovars ? Ce sont des centaines d’étudiants ivoiriens des universités Félix Houphouët Boigny de Cocody et Nagui Abrogoua d’Abobo-Adjamé. Dégourdis mais démunis, de jeunes filles et garçons ferraillent avec les armes de la débrouille contre leurs conditions d’étude et de vie.

Par petits pelotons, ils « kosso » dans les amphithéâtres de jour comme de nuit.

« Kosso », c’est étudier et dormir au même endroit.

Pour la douche, il vaut mieux ne pas avoir une pudeur de gazelle, surtout pour les filles.

« Tous les petits coins sont transformés en douche », révèle Estelle.

« On n’a pas de toilettes. On se lave en plein air sous les regards des garçons », tempête, Ruth.  Si elle peut se plaindre d’avoir le corps « endoloris » du fait de ses conditions de couchette, Estelle qui a des parents à port-Bouet, est un peu chanceuse, puisqu’elle peut aller se rincer chez ses amies en cité, au campus 2000.

 « Il y a trois types de personnes ici »

Domiciles éloignés, emplois du temps chargés, voire surchargés, dénuement matériel, tracasseries aux arrêts de bus, manque de chambre en cité U… Les facteurs qui enfantent les kosovars sont aussi divers que variés.

« Le bus 53 fait trois heures avant d’arriver au campus. Ça ne nous arrange pas. En plus, il n’y a que deux bus seulement sur la ligne », s’exaspère Yao.

« Pour avoir une chambre, c’est par connaissances ou de l’argent », s’indigne Adama.

« De nos jours, on compte sur le bout du doigt ceux qui occupent les chambres de la cité universitaire et qui sont vraiment étudiant. Ce sont des salariés qui sont dans les chambres. Il y en a qui ont de la famille », renchérit Fabrice.

En effet, des cités ont rouvert.  Mais on est encore loin du compte. Très loin, eu égard à l’effectif des apprenants. Pour 6000 demandeurs, le centre régional des œuvres universitaire (Crou) offrait à peine 10% de chambres l’année dernière.

Les cycles ou sessions universitaires qui s’interloquent et se chevauchent amplifient le phénomène kosovar.

« On a fait un semestre en trois mois », raconte Kouamé, en Pc1. « Les cours sont accélérés. Parfois nous avons cours dimanche. Le 7 Août prochain, nous avons cours. Et le lendemain, nous aurons des compos pour la première session », détaille Michel en Pc1.

Le martyr du clandestin

« Sitôt les Td (travaux dirigés) finis, on ferme parfois les salles. Ce qui fait qu’on kosso dans les amphis », raconte Konan. Amphi Léon Robert, amphi H, amphi C, « nouvelle cité », sont autant d’espaces qui accueillent les étudiants.

« Souvent les salles de Td sont fermées ou c’est le courant qui est coupé. On se promène pour chercher des salles », raconte Ruth.

« Parfois on vient nous chasser sous prétexte qu’on n’y a pas droit », déplore Donald.

« Il y a trois types de personnes ici. 90% des étudiants qui sont dans ces conditions sont en facultés de sciences où les programmes sont lourds. 50% parmi eux sont éloignés du campus.  20% viennent quand il y a une « compo » dans la semaine. Ceux qui n’ont pas de parents du tout, sont estimés à 30% de ce groupe », résume Sylver, en deuxième année de math info.

Moqué par ses condisciples et par les visiteurs, un kosovar subit au quotidien le martyr du clandestin.

« C’est comme quelqu’un qui dort au salon. Tu dois dormir tard et te réveiller tôt », confie Willy, en master 2 de Droit. « Tôt », c’est aux environs de 5 heures du matin. « Tard » peut aller jusqu’à minuit.

« Nous sommes combattus par les autorités administratives. Elles estiment que l’université n’est pas une résidence universitaire », indique Willy.  « Les passants et ceux qui viennent faire leur sport sur le terrain du campus, nous indexent comme des personnes non identifiés », soupire-t-il. Willy a connu l’époque des « palestiniens ». C’était aux lendemains de la mise en fonctionnement des campus réhabilités en 2012-2013. A l’époque, il couchait carrément « en plein air » car les vigiles des lieux avaient ordre de fermer toutes les salles.  Aujourd’hui, Willy a réussi, avec ses amis, à mettre en place une chaine de solidarité entre eux. Histoire de refuser d’être des étudiants entièrement à part, à défaut d’être des étudiants à part entière.

Et surtout, ils ne font rien qui puisse dégrader l’hygiène des lieux. Chaque dimanche, Willy et ses amis organisent l’opération « kosso propre ». Quand on vous accuse de sentir mauvais, il faut s’abstenir de lâcher des pets, dit le dicton.

Benoit HILI

SOURCE : Fratmat.info

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Le lycée Nangui Abrogoua 2 doté d’une salle multimédia

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Pour Mme Khady N’diaye, président-directeur général (Pdg) de cette institution bancaire en Côte d’Ivoire, à l’instar de la majorité des écoles publiques en Côte d’Ivoire, le lycée Nangui Abrogoua 2 reste lui aussi confronté à des problèmes spécifiques. C’est pour cette raison que la banque qu’elle dirige a décidé d’apporter sa « modeste contribution » à la qualité de la formation des jeunes et du personnel d’encadrement de ce lycée à travers l’équipement en matériels informatiques et accessoires de cette salle multimédia.

« L’éducation et la formation étant le socle du développement de notre pays et la condition sine qua non pour une jeunesse et une relève assurées (…) notre institution bancaire a voulu inscrire dans son agenda ce type d’action, en participant à travers sa fondation  »Citi foundation », aux objectifs du développement durable (Odd) définis par les Nations Unies », a soutenu Mme Khady N’Diaye.

La rénovation de la salle multimédia, dira-t-elle, vise également à assurer le bien-être et l’équilibre scolaire, intellectuel, des élèves. Puis d’ajouter que ce choix est aussi la reconnaissance des efforts inlassables consentis chaque jour par les responsables du lycée Nangui Abrogoua 2.

Notons que depuis 2016, cette banque entreprend des actions de portée sociale à l’occasion du « Global community day ». Mme Ouattara Monique, proviseur du lycée Nangui Abrogoua 2, a remercié les donateurs pour leur geste « hautement salutaire ».

SOURCE : Education.gouv

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La 31è promotion du lycée Mamie Adjoua porte le nom Souleymane Diarrassouba

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La 31è promotion des élèves du lycée Mamie Adjoua de Yamoussoukro a décidé de porter le nom Souleymane Diarrassouba, ministre du Commerce, de l’Artisanat, de la Promotion des PME, et intérimaire de l’industrie et des mines, avec pour slogan, « Jeunes filles vertueuses femmes vaillantes de demain par notre travail, soyons excellente et un modèle pour la génération futur ».

La cérémonie de baptême de la promotion Terminale 2017-2018 du lycée Mamie Adjoua, a eu lieu, samedi, à l’auditorium du lycée avec la passation de flambeau à leur cadet de la première en présence des autorités administratives, éducatives et du ministre Diarrassouba Souleymane, parrain de la 31è promotion.

Le ministre Souleymane Diarrassouba a encouragé ses filleules au travail, à la discipline et la rigueur et émis le vœu qu’elles réussissent toutes au Baccalauréat pour s’ouvrir les portes de l’enseignement supérieur.

« Ne cessez jamais d’apprendre, l’enseignement et la formation doivent être continus dans votre vie, ne jamais oublier d’où vous venez, ne jamais oublier votre pays. Partout où vous irez, portez les valeurs du travail et de l’excellence qui vous ont été inculqués ici, soyez des modèles et des lumières de la société », a conseillé le ministre Diarrassouba Souleymane.

Il a également encouragé les enseignants et éducateurs à continuer de donner le meilleur d’eux même de sorte à garantir le succès au lycée Mamie Adjoua et maintenir son statut d’excellence.

SOURCE : AIP

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L’ESTP Paris va accompagner l’ENSTP de Yamoussoukro dans sa rénovation

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La directrice de l’École spéciale des travaux publics de Paris (ESTP), Florence Darmon, a exprimé lundi, son engagement à accompagner l’école des travaux publics de l’INH-HB dans la rénovation de ses outils de formation.

Lors d’un atelier de lancement du projet de modernisation de l’École nationale supérieure des travaux publics (ENSTP) de Yamoussoukro, Florence Darmon s’est dit fière d’être à Yamoussoukro pour le lancement de ce projet de collaboration d’une durée de 32 mois qui regroupe trois volets stratégiques pour relever trois grands défis.

Le premier défi, a fait savoir la directrice de l’ESTP, s’impose à l’INP-HB et consiste à conserver la reconnaissance de l’institut de la formation d’ingénieur.

Florence Darmon a fait l’état des lieux de la formation, l’identification des besoins en compétence des entreprises partenaires de l’ENSTP avec la réalisation d’une enquête auprès des opérateurs économiques, afin d’élaborer des programmes au plus près de leurs besoins exprimés.

« Il nous faudra intégrer l’arrivée massive du numérique qui a un impact sur l’évolution des métiers et les évolutions nécessaires à la modernisation de vos laboratoires et leur équipement, base indispensable des enseignements», a relevé la directrice de l’ESTP Paris.

Le deuxième défi à relever, selon la directrice de l’école française des TP, est de renforcer les capacités des enseignants de l’INPHB pour gagner en qualité, de les former à la démarche d’acquisition de compétence et à la pédagogie par projet avec l’obligation pour certains de poursuivre leur formation en termes de doctorat.

« Le troisième défi sera de mettre en place de nouveau laboratoire d’accompagner vos collaborateurs, à l’usage de nouveaux équipements particulièrement à l’usage du bim, un outil extrêmement puissant, mais complexe mis en œuvre depuis 2014 à l’ESTP Paris », a fait savoir l’ingénieure française des ponts et chaussées.

Pour mener ce projet « ambitieux » à bien, Florence Darmon a fait savoir qu’une vingtaine de collaborateurs français sont mobilisés pour intervenir sur le projet à travers plusieurs missions à Yamoussoukro, pour éviter une collaboration à distance afin que le projet soit efficace et opérationnel.

L’atelier de lancement du projet de rénovation de l’ENSTP est placé sur le patronage du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly

SOURCE : AIP

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